Dépoussierer l’Inde…

Voilà.
J’ai profité de ce 15 aout pour mettre à jour mes articles sur l’Inde et surtout les photos (à la bonne taille), j’ai ajouté des photos qui n’étaient pas présentes sur flickr.
Et c’est là que je me rends compte que j’étais vraiment très exigeante avec les photos que je prenais il y a encore 3 ans. Aujourd’hui, on ne va pas dire que je m’en fous, mais même si la photo est floue mais que le sujet est chouette, je la publie quand même… (vous aurez compris que dans le tas, il y a de la photo un peu floue, voire surexposée, mais c’est pas bien grave hein ^^)

Du coup je vous offre du RAB de photos dépaysantes sur les 5 billets contant mon périple Indien. Et plus je les regarde, et plus j’ai envie de remettre les pieds sur ce semi continent tant l’aventure m’a plu : tous mes sens étaient chamboulés! Entre les nouvelles odeurs, les nouvelles saveurs, les nouveaux bruits, et des couleurs partout, ça met vos sens, sens dessus dessous! Et c’est une expérience inoubliable! (la preuve j’en parle encore 3 ans après!)

Par contre, je lis à gauche et à droite des expériences hyper négatives sur les voyages la bas quand on est une femme. Quand j’y étais, (la région du Kerala et du Tamil Nadu) je n’ai jamais ressenti d’insistance ou de gens relous ou de mecs chelous (excepté la fois on ou est partie à 4 nanas dans une ruelle pour acheter du whisly indien). A part ça, je n’ai jamais ressenti la moindre gêne, la moindre lourdeur ou autre (enfin rien de pire qu’à Paris en fait). Cela peut venir du fait que nous étions en groupe, et la région dans laquelle nous étions également…

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Back to Bombay…

Un dernier retour sur mon voyage indien qui commence à avoir quelques semaines, mais j’avais besoin de parler d’autres choses pour laisser poser un peu le grand nombre de photos que j’avais déjà postées… Notre dernier journée à Bombay avant de repartir pour Paris fut riche d’images, d’odeurs et de rencontres… La première rencontre fut sans doute celle de notre guide : une indienne qui parlait au moins 4 langues et ce, vraiment couramment. C’est là qu’on se rend compte que les français sont vraiment nuls en dans ce domaine. Elle nous a fait partager son expérience et sa passion de la ville.

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Notre guide nous a expliqué que Bombay était une ville de services. Par exemple, les classes moyennes ont quasiment tous une machine à laver à domicile mais ils préfèrent utiliser les services de lessiveurs. Pour cent pièces nettoyée et repassées, ils ne payent que 700 roupies. Les habitants de la ville font appel à ces services parce que c’est aussi un moyen d’aider les autres. Du coup, la ville est très peuplée, et un peu comme l’American Dream, ici, si tu bosses vraiment, tu peux réussir ta vie… Mais du coup, elle attire beaucoup de monde et on a souvent vu des gens dormirent à même le trottoir sans que ça ne choque personne. Tout simplement parce que le trottoir n’est qu’une étape avant de trouver un toit…

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La visite est rapide, quelques heures on visite la maison de Gandhi, un marché, et on pris le train pour arriver dans la ville blanche.

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J’ai envie de prendre des photos de tout, partout, dès que mon regard se pose quelque part : j’ai envie de garder une trace de tout ce que je vois et qui sera peut être la dernière fois. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’opportunité de visiter cette ville et ce pays. La gare est immense, et on découvre la ville blanche : l’ancienne partie habitée par les anglais. On rencontre les Dabbawallas, des livreurs d’un genre particulier puisqu’ils permettent aux employés des entreprises environnantes de manger le repas que leurs épouses leur ont préparé.

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On découvrira le Babu Amichand Panalal Adishwarji Jain Temple éblouissant de richesses (des portes en argent massif, des statues d’or et de pierres précieuses…) et on nous entrainera vers un parc qui cache aux yeux de tous l’une des tours du silence, lieu particulier des Zoroastres (quand on dit que l’Inde est complexe hein)…

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Et puis, on finira par rentrer à l’hôtel pour se préparer à revenir en France. C’est quand on pense qu’on commence enfin à toucher du doigt la complexité de l’Inde qu’elle nous échappe… Que dire d’autres que j’ai très envie d’y retourner et de pouvoir tenter l’expérience en pleine immersion cette fois-ci?

Toutes les photos sont visibles en dessous ou sur Flickr!

A l’école…

Lors de notre voyage, nous sommes amenés régulièrement à rencontrer les ouvriers, aller voir les écoliers, visiter les dispensaires… L’accueil est toujours bienveillant et je garderais en mémoire cette grand mère qui nous invite à entrer chez elle et racontant (via notre interprète) qu’elle a trois fils : un qui travaille sur la plantation, un autre commerçant à la ville et un dernier garagiste. Et que ces deux petits fils sont à l’école en ce moment. Ce qui nous paraît être un confort sommaire nous est présenté fièrement. Ça vous pose votre rapport à la richesse et aux choses futiles qu’on peut avoir chez soit… Du coup, on relativise à mort sur nos petits problèmes quotidiens qui n’en sont pas vraiment finalement. L’école primaire est obligatoire pour tous les enfants des travailleurs sur la plantation et les habitants du coin profitent également de cette structure. Les plantations sponsorisent une partie des études supérieures des enfants quand ils souhaitent aller plus loin en complément de la bourse d’état. C’est sans doute pour ça qu’au final, il y a très peu de jeunes sur les plantations. Peu veulent faire ce travail physique et profitent de l’ascension sociale via des études plus ou moins longues…

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Retrouvez d’autres photos sur mon compte Flickr!!

Des champs de thé à perte de vue…

Après une arrivée sous les nuages, Les Nilgiri se dévoilent enfin sous une journée radieuse : du soleil, et un delta de température entre l’ombre et l’exposition solaire qui est assez impressionnante. Nous sommes proches de l’équateur: les rayons du soleil sont bien plus agressifs que sous nos latitudes. Du coup, je suis très contente d’avoir apporté de la crème pour éviter les coups de soleil (et c’est François qui sera le premier à les subir, douloureusement d’ailleurs).

Indrajit et Susheel nous emmènent cette fois-ci aux plantations d’Havukal. Le lieu est magnifique, verdoyant et les fleurs apportant la touche colorée qui me ferait presque penser à un décor méditerranéen.

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En descendant les routes sinueuses pour rejoindre la fabrique en contrebas, nous rencontrons des cueilleuses. On nous propose de prendre des photos si on le souhaite. Ce rush m’a fait pensé à un safari : nous étions tous là à prendre des photos en mode très gros touristes. Du coup, même si ça ne gênait sans doute pas les cueilleuses, mais moi oui, j’ai utilisé un zoom qui m’a permis de ne pas rajouter à l’effet « Prenons tous des photos ensemble comme dans un zoo ». J’ai eu la chance d’apercevoir des singes jouer dans la cour de l’école. Les singes sont assez nombreux dans les collines. Ils bordent les routes, traînent dans les plantations. Ils ne font pas vraiment de dégâts dans les champs, même si ils arrachent parfois de jeunes plants.

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Arrivés à la fabrique de thé, nous rencontrons le directeur, aussi prévenant que celui d’hier. Mais je finis par me demander si cet accueil chaleureux n’est pas biaisé par les enjeux professionnels dus à la présence des personnes de Lipton.

On nous propose de déguster un thé avant d’aller visiter la fabrique et comprendre enfin comment de la cueillette au sachet cela fonctionne.

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On entre en se désinfectant les mains, en portant des charlottes et des protèges pieds : une bactérie à l’intérieur et c’est la récolte de 24h00 qu’ils peuvent jeter…

On découvre différents thés et différents goûts. Plus la taille de la feuille est petite, plus le goût est fort. J’apprends qu’avec des feuilles entières, pour un kilo on peut faire 75 tasses alors que des feuilles coupées pour sachet on peut en faire 300. On perd également en finesse contre un goût bien plus fort.

On nous entraîne dans la première étape de la transformation. Entre le moment ou le thé est cueilli et celui ou vous consommer votre thé, il ne se passe pas plus de 2 mois!

Une fois la récolte du jour terminée, elle est acheminée dans la partie de séchage doux : le thé est étalé sur moins de 10 cm d’épaisseur et ventilé sur ces longs tamis pour qu’il passe de 75% d’humidité à 50%. Cette opération dure moins de 24h00.

Inde-havukal-the-6 Inde-havukal-the-7Inde-havukal-the-5Une fois la ventilation terminée, le thé est acheminé dans de grandes machines qui vont vriller les feuilles. Cette torsion commencera le début de l’oxydation.

Elles sont ensuite transportées dans de grands rouleaux qui les tamisent une première fois. Puis elles passeront dans d’autres machines qui ressemblent étrangement à un hachoir à viande.

Les feuilles sont ensuite à nouveau tamisées plusieurs fois avant d’être apportées au séchage.

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Là elles passent dans une sorte de grand four qui envoie une chaleur jusqu’à 100°. Et elles finissent leur route dans de grands sacs avant d’être une dernière fois triées pour retirer les déchets. Il n’y a que 5% de déchets sur la totalité de la cueillette et ces déchets sont transformés soit en encens soit on extraira la caféine disponible… Le thé finit emballé dans des sacs de 50kg et sera envoyé aux acheteurs… Le responsable de la fabrique a pris le temps de répondre à toutes nos questions, et on en avait vraiment beaucoup!

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Assister au spectacle de la transformation est assez fascinant. On a du mal à se dire qu’il y a autant d’étapes entre la plante et le sachet qui trempe dans votre eau chaude :)

From Bombay to Coonoor…

Arrivés à Coimbatore, nous embarquons pour un périple routier vers Coonoor. Nous quittons la plaine aride pour rejoindre des montagnes vertes et luxuriantes : les plantations de thé finiront par se découvrir cachées derrière un bout de nuage collés à la montagne (nous sommes à 1800m d’altitude). Nous sommes dans les Nilgiri Hills : les montagnes bleues. Elles doivent leur nom à une plante qui fleurit tous les 12 ans et recouvrent les pans escarpés de fleurs bleues.

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Une fois à l’hôtel (le Gateway Hotel Church Road) qui est un mixte entre un couvent anglais et un hotel à la Shining (ça a un charme désuet charmant), nous rencontrons Indrajit et Susheel qui seront nos guides pour ces prochains jours. Ils travaillent dans le thé depuis très longtemps et sont des experts dans la matière. Pour ne rien gâcher, ils ont un humour imparable qui fait mouche à tous les coups. Indrajit est un facilitateur entre les producteurs et les acheteurs, il s’assure également du bon déroulement des process selon les cahiers des charges de chaque entreprise : c’est lui par exemple qui a aidé Lipton à mettre en place la certification Rain Forest Alliance avec les plantations avec lesquels Lipton travaille.Inde-coonor-arbre-1Inde-coonor-the-5

Il nous emmène rapidement sur le Glendale Estate ou le propriétaire des lieux nous explique rapidement que les points nécessaires à la certification, surtout pour la partie sociale fut très rapide à mettre en place puisqu’elle existait déjà. L’Inde a un programme sociale de qualité : les cueilleurs bénéficient de logement en dur, d’accès à l’eau, d’accès aux soins ou l’accès à l’école primaire pour tous les enfants des travailleurs.

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Nous rencontrons le médecin des lieux qui répond à beaucoup de questions : comment fonctionne le dispensaire, a t il beaucoup de malade, quels sont les problématiques les plus rencontrées. J’apprends qu’il est l’équivalent d’un médecin généraliste Level + puisqu’il fait non seulement les premiers soins, les maladies courantes, mais également les accouchements.

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Dans les champs de thé, on nous explique que les animaux sauvages sont protégés et qu’un système de plantation d’arbres à ombres, d’herbes à profondes racines et l’installation de cultures en pallier en dur permet d’éviter l’érosion des sols et l’apport en nutriments nécessaires à la longévité des arbres. Ils peuvent vivre plus de 100 ans, mais aucune des personnes présentes à notre visite ne sait dire de quand date le plus vieil arbre.

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Et j’ai gardé ma plus belle photo pour la fin, celle de cette jolie demoiselle toute souriante..

Et demain, je vous emmène à Havukal : là ou nous avons visité l’usine qui traite la feuille de thé de la cueillette à son emballage de gros…

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